Contexte et mission
L’étude hydrologique et de renaturation du parc du château de Boussu s’inscrit dans le cadre du programme régional AP4 du SPW, visant à soutenir les communes dans leurs projets de végétalisation et d’adaptation au changement climatique.
L’objectif principal est d’étudier la possibilité de réintégrer durablement l’eau sur le site, afin de renforcer ses valeurs écosystémiques, en cohérence avec son histoire hydraulique. L’étude vise à identifier les potentiels d’infiltration ainsi que les possibilités de création de milieux humides, dans une optique de préservation de la biodiversité et d’amélioration de la gestion de l’eau.
Pour ce projet, TER-Consult a déployé les méthodes suivantes :
- Collecte et analyse de données cartographiques, pédologiques et hydrogéologiques
- Relevés de terrain réalisés en mars et avril 2025, incluant l’étude des écoulements, de la végétation et des infrastructures hydrauliques
- Inventaire des habitats (classification EUNIS) et identification des espèces exotiques envahissantes
- Analyse hydrologique du site : délimitation du bassin versant, identification des zones propices à l’infiltration et à la création de zones humides, échanges eaux de surface et eaux souterraines.
- Suivi piézométrique à partir des données existantes pour comprendre l’évolution de la nappe phréatique.

Résultats et particularités du projet
Le parc présente une mosaïque d’habitats humides : roselières, cariçaies, prairies inondées, frênaies-aulnaies. Plusieurs arbres remarquables sont répertoriés à l’inventaire wallon (chêne pédonculé, platane, if, hêtre pleureur, etc.).
Le site présente une diversité écologique notable, mais de nombreux habitats naturels y apparaissent aujourd’hui dégradés, principalement en raison d’interventions humaines répétées tels qu’un entretien intensif banalisant le milieu et la présence de plantations non indigènes peu favorables à la faune et flore locale.
Dans une optique de gestion écologique, la stratégie retenue privilégie une approche plus respectueuse des dynamiques naturelles. Cela implique souvent une réduction des interventions, ce qui peut également se traduire par une gestion moins chronophage et plus économe en ressources humaines et matérielles.
Les principales menaces identifiées sur les milieux sont :
- Colonisation des milieux par des plantes invasives, telles que la renouée du Japon
- Présence d’espèces plantées non indigènes, inadaptées aux conditions écologiques locales
- Gestion intensive, ne laissant pas aux milieux le temps de se régénérer naturellement
- Diminution du niveau d’eau dans certaines zones humides, en particulier les douves du château
- Eutrophisation des plans d’eau, se traduisant notamment par une prolifération des lentilles d’eau.
L’objectif principal est l’amélioration de la biodiversité par la restauration et l’amélioration de l’état de conservation des habitats naturels présents sur le site. Ces orientations de gestion sont déclinées en objectifs opérationnels :
- La réduction de la surface colonisée par la renouée du Japon
- L’enrichissement floristique des pelouses et sous-bois
- Le soutien à la régénération naturelle des milieux
- La diminution de la couverture de lentilles d’eau dans les plans d’eau
- L’augmentation des espèces caractéristiques de l’aulnaie-frênaie alluviale
- Le maintien et la densification de la roselière
L’atteinte des objectifs se traduit par la mise en œuvre de différentes actions réparties en deux grandes catégories :
- Travaux uniques (U) : actions de restauration unique et ponctuelle
- Travaux périodiques (P) : actions de gestion régulière, à reconduire sur le court, moyen ou long terme selon une fréquence adaptée aux besoins des habitats
